Contes de désespoir: 7 – Soti Triantafillou

7

J’errais parmi les arbres rouges, parcourant le temps des feuilles. Puis vint l’hiver, rigoureux. Du bout du doigt, je faisais des dessins sur la vitre embuée du vieil autobus. Dans la solitude glacée je vis un homme qui jouait de la musique avec une scie. Je me suis souvenue des matins resplendissants, quand toi aussi tu resplendissais – je me suis souvenue des étés d’autrefois. Je m’étais lassée de te chercher dans ces villes muettes, dans des ruelles obscures, parmi les maisons brûlées. Les fenêtres sont béantes, le vent s’engouffre partout, le brouillard aussi. À travers les interstices, je vois des morceaux de lacs cristallisés, la trace ensanglantée du loup qui est venu au monde avant l’heure.

Soti Triantafillou

Leave a Reply