Contes de désespoir: 4 – Soti Triantafillou

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J’observe les femmes âgées dans le métro. Leurs jambes gonflées, les racines blanches de leurs cheveux, et quand elles bâillent les dents jaunâtres, gâtées. Elles somnolent ; elles mâchonnent un bout de biscotte, elles secouent deux miettes tombées sur leur tablier. Je m’interroge : autrefois, étaient-elles jeunes, belles, pleines d’émotions, de désirs ardents ? L’ont-elles été vraiment ? Peut-être pas ? On raconte que Spinoza affirmait qu’il n’avait jamais été enfant. « Il m’est impossible de croire que je suis passé par l’âge infantile », disait-il. Avait-il donc tout oublié ?

Soti Triantafillou

 

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